"Les mots qui touchent l'âme - Découvrez la plume de Juliette Norel"

L'homme aux yeux d'orage

Confidence de plume, sur une rencontre fortuite et terriblement bouleversante...

Juliette Norel

5/25/20242 min lire

Il y a une poignée de jours, j’ai croisé un visage qui m’a perturbée…

Ce n’était pas un de ces regards qui vous arrachent du sol et vous offrent l’ivresse de l’altitude, mais plutôt des yeux qui vous bouleversent, sans que l’on sache pourquoi, des prunelles magnétiques et intimidantes, détentrices d’un pouvoir singulier : Celui de vous réduire à l’infiniment petit…

comme si elles pouvaient lire en vous comme par magie

Dans l’ordinaire de mes jours, je suis de celles que rien ne trouble, rarement ébranlée, en armure doublée, mon âme, bien gardée, jamais dévoilée.

Mais voilà qu’un jour, sous un ciel en deuil, un regard, tel un éclat furtif, en a percé le blindage, en silence, trouvant la faille, brièvement exposée.

Et maintenant, dans le silence de la nuit, Il s’invite, insistant, hantant mes rêves d’une lueur sombre, en un éclat infini, chauffé au tisonnier.

Depuis cet instant, nul vivant ne s'est vu conter cette histoire, mais hier, sous la lueur d'un réverbère, un pan du voile s'est levé en soirée...

Des décennies se sont écoulées, nos chemins s'étaient brièvement frôlés, dans une vie antérieure, aujourd'hui balayée.

Ma petite Juliette, dans l'ombre, tremble à l'idée d'être dévoilée, alors que des souvenirs enfouis cherchent à s'échapper.

Sa présence m'est inconnue, du moins consciemment, mais mon âme, en tumulte, le reconnaît peut-être intimement...

Et c'est comme si, par notre rencontre fortuite, L'homme de jadis, souvenir de mes heures fuites, dans ce qui m'apparaît comme un temps vulnérable et lointain, m'affaiblissait, ébranlant l'armure de mes lendemain. Longuement érigée, elle se fissure,peu à peu, sous le poids de la destinée.

Je brûle de connaître les secrets qu'il détient sur mon passé et pour me protéger, je voudrais percer ses mystères, mais face à cet homme, brièvement croisé, je reste sans repères.Dans le murmure du vent, j'entends les échos lointains de secrets chuchotés, de vérités enterrées.

L'homme aux yeux d'orage, bref témoin de mon histoire, Détient-il le fil d'Ariane de ma mémoire ?

Sous le voile de la nuit, je cherche des indices, des fragments de souvenirs, des preuves, des artifices.

Est-ce que l'homme qui m'a frôlée, sans un mot, peut me libérer du poids de mes sanglots ?

Je glisse dans la pénombre, en quête de clarté, pour illuminer les angles secrets de ma réalité.

Juliette, ma tendre, que l'ombre ne t'effleure plus, ensemble, nous chasserons ce qui n'est plus.

Et si le destin nous a réunis, c'est pour une raison, peut-être pour guérir les blessures des saisons.

L'homme du passé, témoin silencieux de mes peines,m'aidera-t-il à retrouver la paix, à briser mes chaînes ?