"Les mots qui touchent l'âme - Découvrez la plume de Juliette Norel"

Déconstruire les mythes #Roméo & Juliette

article du blog "Confidences de plume" par Juliette Norel, qui déconstruit avec second degré l'oeuvre mythique de Roméo et Juliette

Juliette Norel

5/28/20242 min lire

Je m’appelle Juliette...

Dès la première phrase, on sent le bug, l’entourloupe, le piège... la blanche colombe qui va se faire choper par un sombre piaf, plus puissant et éminemment retors.

Grosso modo, tout le monde pense, forcément, à son Roméo, à sa belle histoire d’amour tragique, à cette dague qu’elle préféra s’enfoncer dans le corps plutôt que vivre sans lui...à 13 ans.

Mais Roméo et Juliette, c’est quoi en définitive ?

Loin de moi l’idée de minimiser le génie de Shakespeare passé maître incontesté, incontestable dans l’art de la tragédie...mais en gros, c’est l’histoire d’un "encore gamin" un brin obsédé sexuel qui s’est pris un vent à décorner des bœufs par son ex "Rosaline" et s’entiche d’une nouvelle gamine (Juliette).

Elle est mignonne, naïve et, dans sa soif de rébellion contre une famille qui essaye de la marier à un comte, s’entiche follement du fils de la famille ennemie de la sienne.

Bref, une ado quoi

Le Roméo lui dit exactement ce qu’elle a envie d’entendre, elle fond, couche avec...

Ruinant ainsi toutes ses “chances” de devenir une épouse convenable pour le comte, parce qu’on ne rigolait pas vraiment avec la virginité des filles au 16e siècle...

Du coup, elle n’a pas le choix que de foncer tête baissée dans cette histoire et ils décident de se marier en secret. Mais les choses ne se passent étonnement pas comme prévu.

C’est vrai ça, comment ce plan fomenté par deux gosses sur un espace de 4 jours pouvait échouer sans smartphone, google, géolocalisation et tous ces outils servant à nous faciliter la réalisation de nos conneries ?

Pour faire court, elle fait semblant d’être morte pour échapper à son mariage forcé, Roméo qui n’a pas pu lire sa lettre explicative boit une fiole de poison et meurt pour de vrai.

Juliette finit par se réveiller de sa fausse mort et se poignarde pour rejoindre son amoureux/ mari tout neuf dans l’éternité...ou peut-être qu'elle avait trop peur de se faire déchirer par son père

mais ça, c’est pas dit dans la pièce.

S’il n’y avait pas la plume vibrante, ensorcelante de William Shakespeare et la somptueuse Vérone, on serait clairement dans un fait divers sordide en Picardie relayé sur nos télés dans “Enquêtes Criminelles” ou “Faites entrer l’accusé”.

Voilà, je m’appelle Juliette et c’est moi qui poignarde les Roméos. Pas physiquement, je vous rassure, mais émotionnellement, sentimentalement. Je n’en tire pas de gloire, ni de satisfaction...

Mais je constate mon incapacité totale à me donner corps et âme.

Je saborde, refuse de perdre le contrôle. Dans une forme d'atavisme de prénom vengeur...

Et que trépasse si je faiblis...(citation qui n'a aucun rapport avec l'histoire précitée, mais j'aime bien)