« Tu étais habillée comment? »

Il y a de ces phrases qui résonnent comme les réminiscences d’un cauchemar perpétuel.

Juste cette phrase, comme un glaive qui s’abat... »Tu étais habillée comment? » et je redeviens cette « encore-gamine » salie, tâchée, blessée qui essaie d’expliquer en bégayant l’inexcusable…

« Tu étais habillée comment? » c’est quoi cette question?

Est-ce que la réponse est si importante qu’elle justifie d’être posée, qui plus est dans les premières, lorsque l’on nous interroge souvent brutalement, sur cette meurtrissure à jamais gravée, à jamais tatouée comme on porte le sceau de l’infamie?

« Tu étais habillée comment? » parce que tu comprends bien ma petite que si tu portais une robe, une jupe, ou un haut un peu trop décolleté, tu ne peux pas vraiment te plaindre tu sais…

Tu as un peu cherché quand même, un peu provoqué.

Un homme est un homme tu vois!

Si en plus, tu étais maquillée ou que tes longs cheveux tombaient en cascade le long de ton dos, c’est toi la coupable d’une certaine manière….un homme reste un homme, il faut comprendre…

Alors, il y a cette phrase, assassine, qui nous cloue au piloris, cette question pour laquelle il n’y a pas de bonne réponse, parce que son énoncé-même dédouane déjà l’agresseur, qui « le pauvre » n’a pas pu contrôler ses pulsions animales.

Mais qui est le bourreau?

qui est la victime?

Messieurs, Mesdames,

la violence n’a pas

de dress code

J’ai été agressée à deux reprises, certains penseront que je l’ai cherché, « deux fois tout de même…ça doit venir de toi! » peut-être…peut-être que quand on a l’impression d’être maudite, que sa vie qui commence tout juste est condamnée au malheur, une part inconsciente de nous attire les mauvaises personnes, enchaîne les mauvaises rencontres, parce que le bonheur nous est interdit.

La première fois, adolescente, je portais une petite robe d’été, mes cheveux longs au vent, en un mois d’août caniculaire.

La seconde fois, jeune adulte, j’avais pris l’habitude de dissimuler mes formes et courbes féminines dans un vaste baggy, et attacher mes cheveux en une queue de cheval basse, pour pouvoir me faufiler dans les rues de ma ville sans attirer l’attention et pourtant….

Parce que si l’habit ne fait pas le moine, il n’en fait pas,non plus, la victime.

Et si ce n’était pas aux femmes de faire attention à leur façon de s’habiller parce que les hommes ne sont, soit-disant, pas capables de se contrôler?

Et si on arrêtait de rejeter la faute sur les victimes pour changer?

Et si on éduquait enfin les garçons au respect et au consentement?

Je sais que les mentalités changent, tout doucement…

Aujourd’hui, je tiens tout particulièrement à saluer la Mairie de St Sébastien sur Loire, pour leur exposition cette semaine « Tu étais habillée comment? » que j’ai eu la chance de découvrir hier, en compagnie de Nathalie LE GOFF, en charge notamment des questions relatives à l’égalité Femmes-Hommes pour la municipalité.

Ce concept a été crée en 2017 par l’université du Kansas sous l’appellation « What were you wearing » et a été adaptée par l’association nantaise Question Confiance.

Je salue leur travail, cette prise de position courageuse pour dénoncer les clichés et faire évoluer les mentalités.

Une once de poussière d’étoiles

Il était une fois…les derniers mots apposés sur mon premier roman, qui une fois l’euphorie (vite) passée, se sont transformés je dois bien l’admettre en une forme de baby blues littéraire.

Cette histoire que je portais depuis de nombreuses années, ces quelques pages planquées dans mes tiroirs et trimbalées au gré de mes multiples déménagements s’étaient transformées en roman.

Je ne pensais pas le publier un jour, et puis les choses se sont alignées et finalement ce que je croyais jadis impossible s’est réalisé.

J’étais évidemment très heureuse d’avoir réussi à aller jusqu’au bout et d’avoir osé l’envoyer en maisons d’édition, mais en réalité lorsque mon directeur de publication m’a appelée pour me prévenir que les premiers exemplaires allaient être envoyés ça a été la panique!

Le roman est paru ,officiellement, le 29 Avril, il y a donc aujourd’hui quatre mois jour pour jour.

Bien sûr, pour moi, cette publication est loin d’être une fin en soi, je continue l’écriture parce qu’elle fait partie de ce que je suis.

Mais je dois bien avouer que la rédaction de mon second roman est assez difficile pour moi en ce moment.

Comme vous le savez sans doute, il y a beaucoup de mon parcours dans celui de mon héroïne de papier et parfois les événements s’entremêlent.

C’est le cas actuellement…Ce deuxième opus qui s’inscrit dans la suite d’ » Une anonyme au bout du fil » relate une autre période de la vie de ma Juliette d’encre en prise avec un homme tristement important dans son histoire.

Mais ce personnage est intimement lié à un fantôme de mon propre passé… un fantôme qui resurgit dans ma vie et que je vais devoir affronter une fois encore.

Je sais que rien n’arrive par hasard, et évidement si ce nouveau conflit intervient aujourd’hui, il y a une raison…il y en a toujours une.

Pour autant, je n’arrive pas à écrire sur ce manuscrit. Je suis submergée par beaucoup trop d’émotions que je dois juguler avant, parce que la prise de distance avec mon héroïne et mes personnages est primordiale.

Alors, provisoirement, je ressens le besoin d’écrire des choses plus légères, moins violentes émotionnellement.

J’ai donc écrit une nouvelle, inspirée du monde du télémarketing paru en Septembre 21 aux Editions LAMIROY

Et puis, j’ai eu des envies d’encore plus de douceur, de magie, d’enfance…

Ainsi j’ai ressorti de mes cartons un conte que j’avais écrit il y a déjà plusieurs années pour ma fille qui était à l’époque haute comme trois pommes et demi, pour le retravailler avec la maturité que j’ai acquise depuis.

Une sorte de conte philosophique pour enfants d’hier et d’aujourd’hui…

C’est l’histoire d’une petite humaine qui s’égare après s’être enfuie de la maison, parce qu’elle n’en pouvait plus d’entendre ses parents se disputer.

Elle fait la rencontre d’une petite lutine attachante qui souffre quant à elle d’un complexe d’infériorité.

C’est une petite histoire mignonne qui essaie de véhiculer des valeurs d’espoir, de tolérance et de solidarité.

Je l’ai écrite au moment de ma séparation d’avec son père et cette fable bien qu’enfantine sur la forme porte de nombreux messages évidemment bien plus profonds.

Cette histoire a pris vie en décembre 2021, et est aujourd’hui publiée sous le titre « Lutine et poussière d’étoiles »

vous la trouverez sur ma boutique, en commande auprès de toutes les librairies ou en ligne!

xoxo

Juliette

une sébastiennaise anonyme

Cette semaine a été riches en émotions pour la petite plume que je suis.

Dans mes articles précédents, je vous parlais de mes péripéties avec certains acteurs de l’industrie du livre et vous faisais part de mon émotion de savoir que mon roman serait d’ici quelques jours en vente, dans la sublime librairie intra-muros d’une ville chère à mon coeur: Guérande.

Comme vous le savez, je suis sous contrat avec une maison d’édition, qui s’occupe de son côté de la commercialisation de mon roman, mais au delà des démarches commerciales que je lui laisse avec plaisir, je sollicite parfois certains libraires dans des lieux ou des boutiques qui comptent vraiment pour moi, dans une démarche émotionnelle en somme.

Depuis, une poignée d’années, je suis revenue en Loire Atlantique et ai posé mes cartons dans la douce ville de Saint Sébastien sur Loire, à une encablure de Nantes, juste de l’autre côté du fleuve.

Tous les jours de la semaine, qu’il pleuve (ce qui est assez rare dans la région, si si!) qu’il neige, ou sous le soleil, je passe devant la Maison de la Presse, rue Maurice Daniel, dans le centre névralgique de la ville.

Et chaque jour, pendant l’écriture d' »Une anonyme au bout du fil » je m’arrêtais quelques secondes, pour m’octroyer le droit de rêver un peu, qu’un jour prochain mon roman apparaisse parmi les grands noms que nous connaissons tous et que nous prenons en référence.

Cela me semblait alors n’être qu’un rêve, une douce chimère…

Et pourtant…

Parfois, les fées se penchent sur nous et en exaucent quelques-uns.

Un après-midi il y a quelques semaines, j’ai pris mon courage à deux mains, et ai poussé la porte de cette maison de la presse, blindée de monde, pour y rencontrer le regard souriant (masque chirurgical oblige) d’Emeline.

Après un court échange, elle a accepté de proposer mon livre en rayons.

Aujourd’hui, les mains tremblantes, je suis allée déposer mes premiers exemplaires.

J’y ai retrouvé Emeline qui m’a fait faire le tour de l’espace librairie totalement refait à neuf depuis hier et m’a présenté les libraires, maîtres des lieux: Marie et Hugo.

Ils m’ont, à leur tour, présenté les différents rayons, et notamment celui réservé aux auteurs locaux et celui dédié aux femmes et leurs combats multiples

J’ai parlé de mon roman, de ce qui m’avait poussé à l’écrire, des messages que j’avais voulu véhiculer, de noirceur, de résilience et d’espoir aussi…

je sentais l’émotion qui me serrai la gorge… C’est idiot mais de voir les regards si concernés, si touchés, bien au delà d’une démarche purement commerciale que je croyais être la norme actuelle, m’émouvait bien plus que je ne l’aurais pensé.

Alors, voilà, demain, et tous les jours qui viendront, quand je passerai devant cette boutique, je saurais, qu’ « Une anonyme au bout du fil » vous attend là, et cette perspective m’emplit de joie

XOXO

Juliette

là où habite mon coeur….

Depuis hier, j’ai temporairement posé mes valises dans la jolie ville de Guérande…

C’est presque un pèlerinage, un retour aux sources.

Je ne suis pas née ici, mais je m’y suis sentie renaître, adolescente, quand j’ai quitté un nid dans lequel j’étouffais pour suivre une voie que ma famille désapprouvait.

Un choix qui apparaissait aux yeux de tous comme une rébellion d’écorchée vive, de petit canard mal comprise, mais qui était en réalité un sursaut salvateur.

Une décision qui a changé ma vie, une de celles qui ont fait de moi la femme que je suis aujourd’hui.

Je ne suis pas parfaite, loin de là, j’ai fait plein d’erreurs et j’en ferai probablement encore des tas, mais j’ai appris à m’aimer, à me pardonner…

Je suis enfin en paix avec moi-même, ce qui franchement, n’étais pas gagné.

Pourtant, prise dans le tourbillon de ma vie, je ne suis que très peu revenue ici, sans doute parce que je n’ai jamais aimé regarder en arrière, préférant me focaliser sur la suite du chemin.

Je suis passée quelques fois pour reprendre une bouffée d’innocence, quand les chaos de la route me guidaient là, sans vraiment m’y arrêter.

Et puis, il y a un peu plus d’un an, j’ai initié un grand ménage intérieur.

Au moment du premier confinement, comme pour beaucoup je suppose, j’ai commencé à faire le point sur ma vie.

Pour la première fois, par la force des choses et des événements, nos existences à tous ont marqué comme un temps d’arrêt.

Les heures s’étiraient, nous ne pouvions plus sortir de chez nous, alors les voyages se faisaient à l’intérieur.

Dans une sorte d’introspection généralisée, commanditée par l’Univers, j’ai regardé mon passé bien en face, pour l’intégrer enfin, le transcender.

Des petites fées sont apparues pour me guider davantage, à travers, notamment ho’oponopono* et des soins énergétiques ou transgénérationnels, me permettant ainsi d’apercevoir puis de comprendre des blessures dont je ne connaissais consciemment pas l’existence.

Et au détour d’une séance, j’ai senti un poids, s’envoler de ma poitrine.

Le lendemain, je prenais la plume pour me lancer dans l’écriture d’ « Une anonyme au bout du fil »

Il y a des jours qui comptent plus que d’autres…ce jour-là en était un.

Un an plus tard, je suis de retour ici, dans cette chrysalide marine, comme un passage obligé.

Je crois que d’une certaine manière, il fallait que je sois ici, pour prendre conscience de tout le chemin parcouru et j’éprouve une gratitude immense envers toutes les personnes qui m’ont mise sur cette route, m’accompagnent ou m’ont accompagnée un temps dans ce voyage.

Ce soir, mon coeur bat dans les marais salants.

Comme à l’époque de mon adolescence apatride.

Parce qu’en réalité, je n’appartiens pas à un seul endroit, mais aux lieux que j’ai aimé, dans lesquels j’ai aimé, là où mon coeur a battu plus fort

Je suis Guérandaise, Nazairienne, Rennaise, Vichyssoise, Dinannaise, Malouine, Parisienne et Nantaise….

Parce que j’y ai aimé, parfois pleuré et que ces villes font, pour toujours, partie de ma légende personnelle…

XOXO

Juliette

* philosophie HAWAÏENNE

« J’aurais mieux fait de me taire! »

Il y a un peu plus d’un an, lorsque j’ai commencé à écrire ce qui est aujourd’hui devenu mon premier roman, j’avais pris la décision de ne pas en parler à mes « proches », pour garder intacte ma liberté de ton.

C’est vrai que l’histoire que je raconte est loin d’être une « bluette » sentimentale, un roman à l’eau de rose.

je n’ai rien contre ce type de littérature, ce n’est pas le sujet, mais j’avais ce besoin de témoigner de certains « maux » auxquels sont confrontées hélas, des dizaines de milliers de personnes tous les ans…

(on ne va pas se mentir, la quasi majorité sont des femmes, mais la violence n’a pas de genre et les hommes sont aussi touchés)

En espérant ne pas tomber dans le mélo, le pathos, mais au contraire, pour tenter d’insuffler à mon modeste niveau, espoir et force vitale à mes lecteurs ou lectrices qui se retrouveraient, un peu, dans le parcours de mon héroine de papier.

Parce que notre société juge, stigmatise en permanence, elles se sentent coupables des actes dont elles sont victimes, se taisent ou bafouillent, maquillent les faits, les minimisent, les gardent nichés contre leurs seins comme un secret honteux, quitte à en mourir, parfois.

J’ai voulu leur dire, qu’elles n’étaient pas seules, qu’il n’est jamais trop tard pour briser le silence, tant pis s’il y a des vagues, tant pis si ça tague autour…

Durant tout le processus d’écriture, seules quelques amies proches étaient dans la confidence, pour me donner de la force, pour éponger les émotions aussi, quand elles devenaient tsunamis.

Je ne me suis jamais demandé vraiment ce que je ressentirai si ce roman était édité, parce que je pense qu’au fond de moi, je ne croyais pas vraiment qu’il sortirait de mon ordinateur…

Mais les planètes se sont alignées et « Une anonyme au bout du fil » a pris son envol, beaucoup plus vite que je ne l’aurais ne serait-ce qu’espérer…

Et en réalité, lorsque j’ai reçu l’appel de mon éditeur qui m’annonçait l’envoi imminent des premiers exemplaires, j’ai totalement paniqué.

Je n’arrivais plus à respirer correctement, j’avais envie de vomir, j’étouffais.

ça a duré plusieurs jours, plusieurs nuits sans sommeil, à essayer de ne pas perdre pied.

Après l’euphorie, bien trop courte, des derniers mots apposés, cette angoisse que je n’avais pas anticipée, me mettait sans dessus-dessous, je m’y noyais.

Lorsqu’au bord de l’implosion, j’ai reçu les photos et vidéos de mon roman arrivé à bon port dans les premières boites aux lettres, l’étau autour de mon plexus s’est relâché, parce que je prenais conscience que je ne pouvais plus revenir en arrière.

Ce livre allait être lu, quoique je fasse, alors autant assumer, face à moi surtout, face aux autres aussi.

Et chacun des retours que j’ai de mes lecteurs est un cadeau…un baume au coeur.

Ce livre m’a changé, m’a apaisé et surtout m’a montré que si j’avais eu la force d’aller au bout et de conter cette histoire à des inconnus, j’avais probablement celle de la confier à ceux qui partagent ma vie « réelle ».

Et c’est là, que ça se corse un peu!

J’ai très récemment dévoilé l’existence de ce roman à quelques membres de ma famille, non pas pour m’enorgueillir de quoi que ce soit, mais simplement pour déposer entre leurs mains, des clefs de compréhension de celle que j’étais, de celle que je suis devenue.

Pour leur ouvrir les yeux sur un pan de ma vie que j’ai cachée pendant de très nombreuses années et qui faisait de moi, par la force des choses, une écorchée.

Et certaines réactions m’ont ébouillantées.

J’ai entendu des reproches, limpides ou dissimulés d’avoir osé dire, d’avoir dévoilée cette face sombre.

Certains ne perçoivent pas la poussière d’espoir que j’ai voulu parsemer, se focalisant seulement sur ce que ça change pour eux…comme si ça changeait quelque chose…

Ils ne le voient pas comme une force ou un courage mais me renvoient une nouvelle fois, la sensation de salissure et rouvrent, sans même s’en émouvoir, des plaies à peine cicatrisées.

Ce matin, j’ai le coeur gros, parce que Juliette au fond de moi, me serine que j’aurais mieux de me taire…

Crois bien cher lecteur, que je préférerai me réfugier dans ma colère chérie, cette béquille empoisonnée qui m’a soutenue tant d’années.

Mais cette colère s’est envolée; je n’en sens plus la morsure singulièrement rassurante.

Il ne reste que la déception de celle qui se sent jugée, accusée de remuer une part de boue que l’on préférait ignorer.

Mais tu vois, tant pis si mes proches ne réagissent pas forcément comme j’aurais aimé, je continuerai à écrire quoiqu’il arrive, je pense juste que je ne leur en parlerai plus…

C’est dommage bien sûr, mais ça me démontre si je doutais encore, que la société n’a pas vraiment changée et qu’il reste encore du pain sur la planche des modestes plumes pour faire prendre conscience aux bien-pensants.

Juliette