rien n’arrive par hasard

On dit souvent que rien n’arrive jamais par hasard, que la vie est une succession de rendez-vous.

Parfois, on croise sur notre chemin des personnes que nous avons l’impression de reconnaître, comme une partie de soi ou la réminiscence d’une vie passée.

c’est souvent troublant, ça résonne en dedans, ça vibre fort…

Et ses personnes s’inscrivent dans notre quotidien, comme si elles en avaient toujours fait partie, quelque part, en sourdine…

Elles nous deviennent presque essentielles.

Mais, il arrive parfois, que ces âmes que l’on espérait pour toujours dans notre décor, ne décident de prendre un autre chemin.

Alors, nos vies sont chamboulées, perturbées.

Il manque un instrument de musique dans notre symphonie intérieure.

ça m’est arrivé, il y a quelques temps. ça m’est arrivé quelques fois.

Des personnes que j’aimais profondément ont changé subitement, sans que je ne comprenne pourquoi.

Et venu un cortège de questions sur ce que j’avais bien pu faire de mal, ou de pas assez bien, qu’est-ce que j’avais bien pu ne pas voir… Qu’est-ce que j’avais manqué?

Je n’ai pas trouvé de réponses… Je ne suis même pas sûre qu’il y en ait vraiment.

Le chagrin dure un temps, le coeur se serre beaucoup, les yeux brûlent un peu…

Et puis, un jour, on réalise qu’il faut juste accepter, sans forcément analyser ou tenter de résoudre une équation dont on ne maîtrise pas toutes les inconnues.

Certains restent d’autres partent, c’est ainsi.

Certains sont là pour s’inscrire durablement sur notre chemin de vie, d’autres n’y sont que pour nous accompagner un moment.

Alors ce matin, j’éprouve de la gratitude pour les personnes qui ont fait partie de ma vie et l’ont quittée, parce que grâce à elles et eux j’ai appris, grandi, progressé.

Certains ont encouragé ma plume, d’autres m’ont enseigné l’art de la poésie japonisante et d’autres encore m’ont juste aimé et c’est déjà beaucoup.

On se reverra peut-être, dans cette vie ou dans une autre qui sait?

Merci pour ce temps partagé, merci pour ces heures passées et cette amitié, proche de la sororité, que je croyais indestructible, éternelle l’espace d’un instant.

Sois heureux.se mon ami.e

XOXO

Juliette

une sébastiennaise anonyme

Cette semaine a été riches en émotions pour la petite plume que je suis.

Dans mes articles précédents, je vous parlais de mes péripéties avec certains acteurs de l’industrie du livre et vous faisais part de mon émotion de savoir que mon roman serait d’ici quelques jours en vente, dans la sublime librairie intra-muros d’une ville chère à mon coeur: Guérande.

Comme vous le savez, je suis sous contrat avec une maison d’édition, qui s’occupe de son côté de la commercialisation de mon roman, mais au delà des démarches commerciales que je lui laisse avec plaisir, je sollicite parfois certains libraires dans des lieux ou des boutiques qui comptent vraiment pour moi, dans une démarche émotionnelle en somme.

Depuis, une poignée d’années, je suis revenue en Loire Atlantique et ai posé mes cartons dans la douce ville de Saint Sébastien sur Loire, à une encablure de Nantes, juste de l’autre côté du fleuve.

Tous les jours de la semaine, qu’il pleuve (ce qui est assez rare dans la région, si si!) qu’il neige, ou sous le soleil, je passe devant la Maison de la Presse, rue Maurice Daniel, dans le centre névralgique de la ville.

Et chaque jour, pendant l’écriture d' »Une anonyme au bout du fil » je m’arrêtais quelques secondes, pour m’octroyer le droit de rêver un peu, qu’un jour prochain mon roman apparaisse parmi les grands noms que nous connaissons tous et que nous prenons en référence.

Cela me semblait alors n’être qu’un rêve, une douce chimère…

Et pourtant…

Parfois, les fées se penchent sur nous et en exaucent quelques-uns.

Un après-midi il y a quelques semaines, j’ai pris mon courage à deux mains, et ai poussé la porte de cette maison de la presse, blindée de monde, pour y rencontrer le regard souriant (masque chirurgical oblige) d’Emeline.

Après un court échange, elle a accepté de proposer mon livre en rayons.

Aujourd’hui, les mains tremblantes, je suis allée déposer mes premiers exemplaires.

J’y ai retrouvé Emeline qui m’a fait faire le tour de l’espace librairie totalement refait à neuf depuis hier et m’a présenté les libraires, maîtres des lieux: Marie et Hugo.

Ils m’ont, à leur tour, présenté les différents rayons, et notamment celui réservé aux auteurs locaux et celui dédié aux femmes et leurs combats multiples

J’ai parlé de mon roman, de ce qui m’avait poussé à l’écrire, des messages que j’avais voulu véhiculer, de noirceur, de résilience et d’espoir aussi…

je sentais l’émotion qui me serrai la gorge… C’est idiot mais de voir les regards si concernés, si touchés, bien au delà d’une démarche purement commerciale que je croyais être la norme actuelle, m’émouvait bien plus que je ne l’aurais pensé.

Alors, voilà, demain, et tous les jours qui viendront, quand je passerai devant cette boutique, je saurais, qu’ « Une anonyme au bout du fil » vous attend là, et cette perspective m’emplit de joie

XOXO

Juliette

là où habite mon coeur….

Depuis hier, j’ai temporairement posé mes valises dans la jolie ville de Guérande…

C’est presque un pèlerinage, un retour aux sources.

Je ne suis pas née ici, mais je m’y suis sentie renaître, adolescente, quand j’ai quitté un nid dans lequel j’étouffais pour suivre une voie que ma famille désapprouvait.

Un choix qui apparaissait aux yeux de tous comme une rébellion d’écorchée vive, de petit canard mal comprise, mais qui était en réalité un sursaut salvateur.

Une décision qui a changé ma vie, une de celles qui ont fait de moi la femme que je suis aujourd’hui.

Je ne suis pas parfaite, loin de là, j’ai fait plein d’erreurs et j’en ferai probablement encore des tas, mais j’ai appris à m’aimer, à me pardonner…

Je suis enfin en paix avec moi-même, ce qui franchement, n’étais pas gagné.

Pourtant, prise dans le tourbillon de ma vie, je ne suis que très peu revenue ici, sans doute parce que je n’ai jamais aimé regarder en arrière, préférant me focaliser sur la suite du chemin.

Je suis passée quelques fois pour reprendre une bouffée d’innocence, quand les chaos de la route me guidaient là, sans vraiment m’y arrêter.

Et puis, il y a un peu plus d’un an, j’ai initié un grand ménage intérieur.

Au moment du premier confinement, comme pour beaucoup je suppose, j’ai commencé à faire le point sur ma vie.

Pour la première fois, par la force des choses et des événements, nos existences à tous ont marqué comme un temps d’arrêt.

Les heures s’étiraient, nous ne pouvions plus sortir de chez nous, alors les voyages se faisaient à l’intérieur.

Dans une sorte d’introspection généralisée, commanditée par l’Univers, j’ai regardé mon passé bien en face, pour l’intégrer enfin, le transcender.

Des petites fées sont apparues pour me guider davantage, à travers, notamment ho’oponopono* et des soins énergétiques ou transgénérationnels, me permettant ainsi d’apercevoir puis de comprendre des blessures dont je ne connaissais consciemment pas l’existence.

Et au détour d’une séance, j’ai senti un poids, s’envoler de ma poitrine.

Le lendemain, je prenais la plume pour me lancer dans l’écriture d’ « Une anonyme au bout du fil »

Il y a des jours qui comptent plus que d’autres…ce jour-là en était un.

Un an plus tard, je suis de retour ici, dans cette chrysalide marine, comme un passage obligé.

Je crois que d’une certaine manière, il fallait que je sois ici, pour prendre conscience de tout le chemin parcouru et j’éprouve une gratitude immense envers toutes les personnes qui m’ont mise sur cette route, m’accompagnent ou m’ont accompagnée un temps dans ce voyage.

Ce soir, mon coeur bat dans les marais salants.

Comme à l’époque de mon adolescence apatride.

Parce qu’en réalité, je n’appartiens pas à un seul endroit, mais aux lieux que j’ai aimé, dans lesquels j’ai aimé, là où mon coeur a battu plus fort

Je suis Guérandaise, Nazairienne, Rennaise, Vichyssoise, Dinannaise, Malouine, Parisienne et Nantaise….

Parce que j’y ai aimé, parfois pleuré et que ces villes font, pour toujours, partie de ma légende personnelle…

XOXO

Juliette

* philosophie HAWAÏENNE

« J’aurais mieux fait de me taire! »

Il y a un peu plus d’un an, lorsque j’ai commencé à écrire ce qui est aujourd’hui devenu mon premier roman, j’avais pris la décision de ne pas en parler à mes « proches », pour garder intacte ma liberté de ton.

C’est vrai que l’histoire que je raconte est loin d’être une « bluette » sentimentale, un roman à l’eau de rose.

je n’ai rien contre ce type de littérature, ce n’est pas le sujet, mais j’avais ce besoin de témoigner de certains « maux » auxquels sont confrontées hélas, des dizaines de milliers de personnes tous les ans…

(on ne va pas se mentir, la quasi majorité sont des femmes, mais la violence n’a pas de genre et les hommes sont aussi touchés)

En espérant ne pas tomber dans le mélo, le pathos, mais au contraire, pour tenter d’insuffler à mon modeste niveau, espoir et force vitale à mes lecteurs ou lectrices qui se retrouveraient, un peu, dans le parcours de mon héroine de papier.

Parce que notre société juge, stigmatise en permanence, elles se sentent coupables des actes dont elles sont victimes, se taisent ou bafouillent, maquillent les faits, les minimisent, les gardent nichés contre leurs seins comme un secret honteux, quitte à en mourir, parfois.

J’ai voulu leur dire, qu’elles n’étaient pas seules, qu’il n’est jamais trop tard pour briser le silence, tant pis s’il y a des vagues, tant pis si ça tague autour…

Durant tout le processus d’écriture, seules quelques amies proches étaient dans la confidence, pour me donner de la force, pour éponger les émotions aussi, quand elles devenaient tsunamis.

Je ne me suis jamais demandé vraiment ce que je ressentirai si ce roman était édité, parce que je pense qu’au fond de moi, je ne croyais pas vraiment qu’il sortirait de mon ordinateur…

Mais les planètes se sont alignées et « Une anonyme au bout du fil » a pris son envol, beaucoup plus vite que je ne l’aurais ne serait-ce qu’espérer…

Et en réalité, lorsque j’ai reçu l’appel de mon éditeur qui m’annonçait l’envoi imminent des premiers exemplaires, j’ai totalement paniqué.

Je n’arrivais plus à respirer correctement, j’avais envie de vomir, j’étouffais.

ça a duré plusieurs jours, plusieurs nuits sans sommeil, à essayer de ne pas perdre pied.

Après l’euphorie, bien trop courte, des derniers mots apposés, cette angoisse que je n’avais pas anticipée, me mettait sans dessus-dessous, je m’y noyais.

Lorsqu’au bord de l’implosion, j’ai reçu les photos et vidéos de mon roman arrivé à bon port dans les premières boites aux lettres, l’étau autour de mon plexus s’est relâché, parce que je prenais conscience que je ne pouvais plus revenir en arrière.

Ce livre allait être lu, quoique je fasse, alors autant assumer, face à moi surtout, face aux autres aussi.

Et chacun des retours que j’ai de mes lecteurs est un cadeau…un baume au coeur.

Ce livre m’a changé, m’a apaisé et surtout m’a montré que si j’avais eu la force d’aller au bout et de conter cette histoire à des inconnus, j’avais probablement celle de la confier à ceux qui partagent ma vie « réelle ».

Et c’est là, que ça se corse un peu!

J’ai très récemment dévoilé l’existence de ce roman à quelques membres de ma famille, non pas pour m’enorgueillir de quoi que ce soit, mais simplement pour déposer entre leurs mains, des clefs de compréhension de celle que j’étais, de celle que je suis devenue.

Pour leur ouvrir les yeux sur un pan de ma vie que j’ai cachée pendant de très nombreuses années et qui faisait de moi, par la force des choses, une écorchée.

Et certaines réactions m’ont ébouillantées.

J’ai entendu des reproches, limpides ou dissimulés d’avoir osé dire, d’avoir dévoilée cette face sombre.

Certains ne perçoivent pas la poussière d’espoir que j’ai voulu parsemer, se focalisant seulement sur ce que ça change pour eux…comme si ça changeait quelque chose…

Ils ne le voient pas comme une force ou un courage mais me renvoient une nouvelle fois, la sensation de salissure et rouvrent, sans même s’en émouvoir, des plaies à peine cicatrisées.

Ce matin, j’ai le coeur gros, parce que Juliette au fond de moi, me serine que j’aurais mieux de me taire…

Crois bien cher lecteur, que je préférerai me réfugier dans ma colère chérie, cette béquille empoisonnée qui m’a soutenue tant d’années.

Mais cette colère s’est envolée; je n’en sens plus la morsure singulièrement rassurante.

Il ne reste que la déception de celle qui se sent jugée, accusée de remuer une part de boue que l’on préférait ignorer.

Mais tu vois, tant pis si mes proches ne réagissent pas forcément comme j’aurais aimé, je continuerai à écrire quoiqu’il arrive, je pense juste que je ne leur en parlerai plus…

C’est dommage bien sûr, mais ça me démontre si je doutais encore, que la société n’a pas vraiment changée et qu’il reste encore du pain sur la planche des modestes plumes pour faire prendre conscience aux bien-pensants.

Juliette

La désertion d’un Montaigu

Suite du Podcast « Touchée…évaporé »

Juliette dort pendant quelques heures d’un sommeil sans rêves et, lorsque le réveil sonne, reste un long moment, hébétée, mortifiée.

Et contemple sa chambre comme une scène de crime, submergée par la honte.

Elle avait trompé Gael…

Elle avait trahi celui qui d’une certaine manière l’avait sauvée d’elle-même et de ses démons.

Maintenant que dire? que faire?

Nelson lui avait joué une scène digne d’une comédie romantique au cinéma, pour s’enfuir en pleine nuit avec ses acolytes, la laissant plantée sur le trottoir comme une pauvre idiote naive.

Humiliée, blessée, elle prend la décision de taire cet épisode à tous: à Gael, à ses colocs et à toutes ses amies…

Pour ne plus jamais y penser, dans l’espoir peut-être d’arriver à se convaincre elle-même, qu’elle avait… simplement rêvé.

Ce matin-là, dans le silence opaque de cette chambre sur l’océan, elle prend la décision de mentir, de dissimuler cette incartade, finie en queue de poisson et jette les draps en boule dans la machine à laver, pour nettoyer à grandes eaux les vestiges de sa nuit adultérine.

Puis, elle file dans la salle de bain, pour récurer son propre corps jusqu’à le rendre écrevisse de tant frotter, comme on efface les preuves, comme elle fait trop souvent.

Enfin, elle maquille ses yeux et sa conscience et reprend son quotidien comme un pantin au bout d’un fil qui s’élime.

Les retrouvailles avec Gael sont glaciales…

Il semble toujours furieux contre elle, sans doute, parce qu’elle n’est pas venue avec lui ce fameux week-end, ou parce qu’elle a choisi d’intégrer ce lycée en ajournant les projets qu’il avait nourri pour eux….

Ou peut-être, qu’il sait…qu’il sent au plus profond sans pouvoir le nommer, ou le prouver, qu’elle a planté un couteau dans le fil qu’elle croyait rouge et qui les unissait depuis plus de deux ans.

Elle n’arrive plus à le regarder dans les yeux, devient fuyante, évitante…et leur histoire continue lentement à s’embourber…