Le quiproquo de trop # extrait 19 Une anonyme au bout du fil

Juliette fait figure de vilain petit canard dans le décorum familial.

Pour éviter des cris, elle a plusieurs fois recours à une règle glissée dans la boîte aux lettres, avec un bout de scotch à l’extrémité, histoire d’intercepter les courriers délicats en provenance du collège.

Pour gagner du temps sur les reproches et les punitions elle « corrige » les bulletins en grattant les 0 pour les remplacer en 1 ou encore elle imite la signature de son père.

Celle de sa mère est trop compliquée à reproduire.

Elle ne pense pas s’être faite « grillée » pourtant sans crier gare France      décide subitement d’assister au dernier conseil de classe de l’année… (Aïe !)

Cette fin d’après-midi-là, donc, au comble de la nervosité Juliette attend son retour, assise sur le trottoir devant la maison, avec sa copine et voisine, Sophie.

Pendant que sa copine papote, Juliette calcule dans sa tête les probabilités de s’en sortir face à celles d’être envoyée en pension à l’autre bout de la Creuse…voire même d’être punie jusqu’à ses 40 ans – finalement tu n’es peut-être pas si mauvaise en maths ! se moque sa petite voix intérieure.

Elle ne craint vraiment pas de redoubler, parce qu’elle sait que ses matières favorites la sauvent, mais elle a peur que ne soient dévoilées ses insolences, colles multiples et contrefaçons.

Sa boule d’angoisse gonfle dans sa poitrine, quand elle aperçoit la voiture vert pomme de France tourner à l’angle de la Rue La Fontaine, comme une baudruche, prête à exploser.

Ses mains sont moites, ses jambes flagellent.

A la façon qu’a sa mère de claquer sa portière, elle sait immédiatement que la Creuse se rapproche à grands pas et sent sa bouche s’assécher.

France passe devant elle, le regard crispé et crache :

─ Tu rentres TOUT DE SUITE !

Les jambes tremblantes, Juliette la suit, comme on va à l’échafaud.

La porte bleu roi se referment derrière elle, lorsque la sentence tombe :

 ─ tu ne passes pas en seconde ! tu t’es bien foutue de nous, vocifère sa mère, gencives fermées.

─ Maman, c’est juste IMPOSSIBLE, je connais mes notes !

Juliette n’avait rien vu venir, elle est hébétée et sûre qu’il y a une erreur.

 Ne me prends pas pour une conne ! même en Chimie, t’as pas la moyenne ! c’est lamentable – siffle France

 ─ Ah non, M’man ! c’est impossible ! en Maths OK, Histoire-géo je veux bien, mais la Physique-Chimie j’ai au moins 16 !! – essaye de plaider Juliette

Une gifle, magistrale, fend l’air.

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