Enfance dans les volcans #extrait 4 Une anonyme au bout du fil

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Petite, Juliette est une gamine, enjouée, facile à vivre. Ses parents, sa petite sœur et elle habitent une jolie maison, au fond d’un hameau d’un petit village auvergnat, à l’orée d’une forêt. Ses parents travaillent beaucoup, alors elle est souvent, seule, chez sa nounou, puis plus tard, reste systématiquement la dernière le soir à l’école.

Ayant six ans d’écart avec sa sœur, elle n’est pas très proche d’elle, mais elle a plein de copines et surtout le petit Gianni, son voisin, avec qui elle est toujours fourrée. C’est un garçon timide, un peu gauche, rougissant dès qu’elle le frôle.

Il a une drôle de mine, avec ses oreilles un peu décollées et ses cheveux coupés aux ciseaux de cuisine mais Juliette l’aime aussi pour ça. Ils se retrouvent dès qu’ils le peuvent, le week-end, l’un chez l’autre, pour jouer et grimper aux arbres ou le soir chacun de son côté du grillage pour se raconter leurs journées d’école, leurs histoires et leurs secrets d’enfants, les jouets perdus ou cassés.

Toutes ces petites bêtises que l’on monte en épingles quand on est haut comme trois pommes et demie. Ils pillent ensemble les pieds de tomates et les fraisiers pour s’en faire des festins, planqués derrière le grand cerisier. Il y a pourtant des secrets qu’ils taisent chacun, mais Juliette ne le saura que plus tard, quand il sera parti.

Leurs chambres, toutes deux en étage se font face, alors tous les soirs ils se lancent un baiser par la fenêtre avant de fermer les volets et les yeux. Ils développent une langue des signes rien qu’à eux, pour se parler sans faire de bruit, quand les grands les croient endormis.

Parfois dans le silence de la campagne, elle entend des cris qui filtrent de chez lui, des bruits sourds de bois que l’on cogne, que l’on frappe. Mais la nuit et la peur de lui faire de la peine, aussi, étouffent les questions, qui lui brûlent parfois la gorge.

Surtout les lendemains, lorsqu’il arrive vers elle, le visage renfrogné. Pourtant, à chaque fois qu’il l’aperçoit, ses traits changent, ses yeux brillent à nouveau, alors Juliette sait qu’elle a gagné, un peu, sur les sons étranges qui résonnent à l’heure du coucher.

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