confidence

les flammes des souvenirs

Quand j’étais petite, dans la maison de mes parents, il y avait une cheminée qui réchauffait nos froides soirées auvergnates.

Aussi pour moi, le crépitement des flammes, leur danse sauvage et l’odeur du bois qui se consume est un souvenir très fort, ma madeleine de Proust à moi.

Cette maison d’enfance je l’ai quitté à l’âge de 12 ans lorsque mes parents ont déménagé en ville et depuis je n’avais plus jamais vu brûler de feu au sein de mon foyer.

Cet été, j’ai eu le bonheur de pouvoir acheter ma première maison, une maison qui ressemble beaucoup à celle qui a accueilli mes tendres années.

Au centre du salon en bois, trône une cheminée d’antan, que nous n’avions jamais utilisée… forcément, jusqu’à aujourd’hui.

Après la joie de voir prendre cette première flambée, je suis là, comme hypnotisée à regarder les flammes oranges danser dans l’âtre, probablement centenaire et une valse de souvenirs déferlent.

Je revois, en pensées, ma grand-mère paternelle en train de crocheter de la dentelle, son regard bleu acier et son chignon bien tiré.

Je revois nos Noel enneigés, ma famille encore unie et respire un peu de ce parfum d’éternité que seuls les enfants sont capables d’humer.

Et puis, à mon coeur défendant, un souvenir plus récent qui remonte à une poignée d’hivers et quelques flocons m’assaille et serre ma poitrine.

De retour sur ma terre natale au creux des volcans, j’étais venue pour un dernier adieu à une des femmes qui a le plus compté dans ma vie, j’étais épuisée, submergée par un chagrin de petite fille qui n’a plus envie d’être grande, loin de tout ce qui fait ma vie d’aujourd’hui.

Juste moi, la petite Juliette au creux de ses volcans, qui disait au revoir à une gardienne de son enfance évaporée.

Et puis, un sourire, une main qui se tend et de la chaleur qui se partage autour d’un verre de Bordeaux…des bras qui me serrent et un coeur que je sens battre en dessous d’un gros pull en maille.

Et puis Flo, mon amour d’enfance perdu et retrouvé au détour de la Toile comme un clin d’oeil du destin.

Flo et son sourire qui n’a pas changé malgré les années et le poivre et sel de ses cheveux, malgré ses traits qui se sont durcis, mais toujours Lui, comme un pilier, un phare dans l’obscurité.

Peut-être était-ce dû à la tristesse et au deuil, ou à la nostalgie de l’enfance, mais ce soir-là, à la lueur du feu dans la cheminée de sa maison vichyssoise, je suis retombée amoureuse de ce que nous avions été.

Nous avons vécu une histoire de quelques mois et puis la vie ou la raison nous a séparé, mais je n’oublierai jamais ce que j’ai ressenti ce jour-là, ni les semaines suivantes.

Il m’a donné un nouvel espoir, a réanimé de ses doigts ce que je croyais enseveli, une part de moi l’aimera toujours, parce que toujours ne m’a jamais fait peur…

Ce soir alors que j’écris ces quelques mots en regardant encore ces flammes qui me bercent et me réchauffent le coeur, je lui envoie de tendres pensées en espérant qu’il soit heureux.

XOXO

Juliette

1 réflexion au sujet de “les flammes des souvenirs”

  1. de jolies flammes d’une renaissance inoubliée…..tu nous berces par la chaleur de tes mots, un peu comme si nous étions avec toi.. devant l’âtre de la cheminée
    Calliope

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