Pétales écarlates

Lorsqu’elle pénètre dans l’appartement, après un simple échange de prénoms, Juliette cherche des yeux son ami Arthur, peu encline à rester seule avec ce drôle de type…

L’inconnu toujours souriant mais silencieux se glisse dans la salle de bain pour lui ramener une serviette.

Arthur sort de la cuisine, l’observe une seconde et semble lire dans ses prunelles la scène qui vient de se jouer.

Pourtant, il a la délicatesse de ne rien dire devant celui qui se prénomme Nelson et se contente de la serrer dans ses bras de presque grand-frère, puis s’empresse de lui préparer un mug de thé.

Juliette, elle, en profite pour se faufiler dans la salle de bain.

Là elle farfouille dans son sac en quête de fringues sèches, se redonne une contenance et redessine sa carapace au eye-liner.

Elle tourne comme un lion en cage, déambule entre les murs, ressasse, enrage et…maudit Gael sur plusieurs générations.

Soudainement, l’appartement se remplit d’une cohorte de lycéens bruyants.

Elle avait complètement oublié cette foutue soirée !

Juliette, qui sent poindre la migraine et aurait surtout besoin de solitude se terre dans la cuisine, au motif de faire: spaghettis carbonara, crêpes, vaisselle et tout ce qui lui donne une excuse pour échapper à la foule, sans paraitre complément antisociale.

Elle jure, s’énerve, se brûle, hurle de colère plus que de douleur…

Elle s’imagine, à tort que ses vociférations sont couvertes par le raffut qui sévit dans la pièce à côté.

Un bruit de textile dans l’encadrement de la porte, lui fait prendre conscience qu’elle n’est pas seule…

Elle pivote et toise le type de tout à l’heure qui la regarde, avec son sempiternel sourire en coin.

INCROYABLE COMME IL L’AGACE!!

Il s’approche, en terrain conquis, et lui tend la main, comme pour lui serrer, dans un simulacre de présentation formelle.

Juliette lève un sourcil, un brin moqueuse et lui offre mollement la sienne.

Le contact de cette peau provoque, encore, une étincelle qui galope le long de son échine.

Juliette lâche précipitamment ses doigts, comme électrocutée.

Elle s’éloigne à grands pas, pour se rapprocher de la marmite en ébullition et s’absorbe dans sa comtemplation.

Butée, elle attend qu’il s’en aille, pour reprendre peu à peu son souffle, en se giflant intérieurement.

Bien plus tard, elle se glisse, seule, toute habillée dans le lit d’Arthur qui lui prête, galamment, et commence à s’apaiser.

Ses yeux se ferment, sa respiration devient plus profonde…

Lorsque la porte coulisse.

Juliette soupire en son for intérieur et rallume la lumière.

Pour se retrouver nez à nez avec un freluquet, qu’elle ne connait pas et qui prétend qu’Arthur lui a dit de venir s’allonger ici.

Juliette d’abord méfiante, se résigne, épuisée.

Elle le met en garde, pourtant….

« ne t’approche pas, je mords! »

avant d’appuyer de nouveau sur l’interrupteur.

Un bruit de tissu puis une sale patte sur sa cuisse, quelques secondes plus tard, lui font comprendre que le message manquait de clarté.

Dans la pénombre, elle se redresse sur ses avant-bras et se met à brailler sur le gougnafier.

Il approche encore son buste et tente de l’embrasser.

Le poing de Juliette fend l’air, la lèvre intruse éclate.

Cette fois c’est à son tour à lui de beugler.

La rage, la frustration mêlées de colère continuent de se déverser en Juliette qui arme de nouveau son bras pour frapper encore, presque à l’aveugle.

Mais, elle n’en a pas le temps…

La porte glisse à nouveau, des bras puissants se jetent sur le freluquet, l’empoignent pour le soulever du lit.

Un poing s’abat sur l’arcade sourcilière du braillard…

puis le nouveau venu porte l’assaillant devenu pantin, hors de la pièce et de l’appartement.

Elle entend des voix d’hommes qui parlent dans le couloir puis Arthur se glisse dans la chambre et entoure Juliette de ses bras réconfortants..

« Je suis désolé, ma Juliette… Je ne le connais pas ce type, il s’est incrusté…

Tu leur fais perdre la tête à tous ces hétéros, Bébé ! « 

Aucun mot ne vient… Elle ne peut pas lui dire à quel point il a raison..

Elle fait ressortir le pire de l’homme, ce qu’il y a de plus animal..

« Silencieuse, elle hoche la tête en contemplant, entre fascination et écœurement, les pétales écarlates éclaboussés.. « 

Publié par

auteure inspirée par les renaissances qui jalonnent nos vies... sur le fil des confidences

2 commentaires sur « Pétales écarlates »

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